Le rythme de l’évolution de la calvitie varie en fonction de la cause du mal et parfois des habitudes du sujet atteint en ce qui concerne le traitement de ses cheveux.

En effet, plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de cette pathologie supposée se manifester à un âge avancé. Certains développent même les signes d’une calvitie précoce dès la puberté. Les études des docteurs Hamilton et Norwood ont permis d’expliquer amplement ce phénomène.

Elles ont abouti à l’élaboration de l’échelle de Norwood-Hamilton, procédé très important désormais pour en savoir plus sur le stade de la pathologie chez un patient. Cet article se propose de faire le point des connaissances sur l’évolution de la calvitie chez l’homme selon leurs travaux.

La calvitie : Définition et causes

Avant de parler de l’évolution de la calvitie, il importe de commencer par une explication de la pathologie et de ses causes.

Qu’est-ce que la calvitie ?

La calvitie est le terme utilisé habituellement pour désigner le phénomène de la perte progressive et excessive de cheveux qui aboutit à la quasi-absence de ces derniers sur le cuir chevelu.

Appelé alopécie par les scientifiques, ce phénomène touche près de 5% des hommes de l’âge de la puberté jusqu’à 20 ans et plus de 50% des hommes après 50 ans.

Les causes probables d’une calvitie ou alopécie

La calvitie survient généralement après un dérèglement hormonal, et plus précisément, à la suite de la production excessive d’hormones masculines (androgènes).

En effet, ce taux élevé d’hormones entraine le vieillissement précoce des cheveux et la diminution progressive de la masse capillaire.

Dans près de 90% des cas, la calvitie est d’origine héréditaire. Le patrimoine génétique du sujet prédispose les follicules pileux et la fibre capillaire qui deviennent très sensibles aux hormones androgènes dès la puberté ou autour de 20 ans.

Il s’agit dans ce cas d’une « alopécie andro-génétique ou androgénique ». Les autres causes possibles d’une perte excessive de cheveux sont :

  • Un stress régulier ;
  • Une angoisse continue ;
  • Des problèmes de thyroïde ;
  • La prise d’amphétamines et d’anticoagulants ;
  • Le manque de certains nutriments dans l’organisme (fer, magnésium, vitamines B, etc.) ;
  • Un mauvais entretien des cheveux.

Bien que la calvitie soit bénigne, ses symptômes à un stade très avancé sont susceptibles de changer l’apparence du sujet atteint. Elle peut ainsi affecter psychologiquement ce dernier.

L’évolution de la calvitie d’après l’échelle de Norwood-Hamilton

L’échelle de Norwood-Hamilton est le fruit des recherches des docteurs O’Tar Norwood et James B. Hamilton. Elle permet d’avoir une explication scientifique de la calvitie ou l’alopécie et de déterminer son état d’avancement en suivant ses manifestations ou symptômes.

Le docteur James B. Hamilton a été le premier à vouloir comprendre l’évolution de la calvitie autour de 1950. Ses travaux portant sur des jumeaux homozygotes ont servi à dresser une liste des étapes du phénomène de la perte excessive de cheveux.

Elle a ensuite été prise et actualisée par le docteur en dermatologie O’Tar Norwood au cours des années 70.

L’échelle de Norwood-Hamilton est utilisée désormais par les médecins pour suivre l’évolution d’une calvitie et tenter de la traiter. Elle comprend au total 7 stades successifs.

Stade I : Le début de la calvitie

Ce premier stade de l’évolution de la calvitie est parfois imperceptible par le sujet atteint. En effet, le cycle de vie des cheveux à ce stade du phénomène est presque normal. Les cheveux chutent et le nombre de cheveux qui chutent dépasse légèrement les 100 par jour.

Ensuite, seulement quelques-uns sont remplacés par d’autres cheveux. Ceci provoque un léger dégarnissement du cuir chevelu au niveau des golfes frontaux et temporaux.

À ce stade, il est très difficile de savoir si l’alopécie va empirer ou pas.

Stade II : Les premiers signes apparents

À ce stade, il y a une perte accrue de cheveux et le nombre de tiges capillaires remplacées diminue par rapport au Stade I. L’alopécie est dès lors bien visible puisque le dégarnissement du cuir chevelu s’accentue dans la zone des golfes temporaux et frontaux.

La perte des cheveux dans ces zones est maintenant symétrique et orientée vers l’intérieur du cuir chevelu. Elle se fait sentir également au niveau du vertex en y provoquant la diminution de la densité des cheveux et un léger éclaircissement.

Au cours de cette étape de l’évolution de la calvitie, la ligne frontale recule de quelques millimètres.

Stade III : La clairière au niveau du vertex

Le stade III de l’évolution de la calvitie est caractérisé par l’intensification de la perte des cheveux situés sur les golfes laissant des creux très remarquables. La ligne frontale recule un peu plus et il y a le début de la formation d’une clairière au-dessus du crâne, dans la zone du vertex.

À ce stade, l’alopécie est avérée et le patient doit prendre les dispositions pour contrer une calvitie totale. Des traitements médicamenteux à base de Minoxidil peuvent être envisagés.

Stade IV : L’amplification de la perte de cheveux

Une alopécie au stade IV se traduit par une perte massive des cheveux au niveau des golfes temporaux et frontaux. Cette chute accrue et sans renouvellement des tiges capillaires élargit les creux formés qui tendent à rejoindre la zone du vertex.

Précisément, la zone de toupet et la zone du tourbillon dégarnissent en laissant voir la peau du cuir chevelu. La ligne frontale est aussi plus reculée et arrive presque au milieu du sommet du crâne.

Cette brutale évolution de la calvitie est amplifiée par des facteurs tels que le stress et la sécrétion d’androgènes.

Stade V : Le début de la rencontre des zones affectées

Suite à l’amplification de la diminution de la masse capillaire au niveau des golfes temporaux et sur la partie au-dessus du crâne, seules des bandes de cheveux séparent les trois zones.

Elles s’effacent ensuite, progressivement accompagnées du dégarnissement quasi-complet de la zone frontale. Le sujet atteint présente dès lors un crâne vide de cheveux.

Stade VI : Le stade critique

Le stade VI de l’évolution de la calvitie est le plus critique. Les zones sont affectées au point où toutes les tentatives de traitement médicamenteux ou de traitements chirurgicaux comme la greffe de cheveux sont presque vouées à l’échec.

Le sommet du crâne est presque lisse, s’élargit, ainsi que les zones de la calvitie situées à l’avant. Il y a également une légère diminution de la densité capillaire juste au-dessus des oreilles.

Stade VII : L’alopécie hippocratique

Le stade VII de l’échelle de Norwood-Hamilton est encore appelé par les scientifiques le stade de l’alopécie hippocratique.

Ici, le crâne est complètement dégarni et lisse, tout comme la zone frontale. Seules les autres parties du cuir chevelu telles que les tempes ou la nuque gardent encore des cheveux. Ce stade correspond en réalité à la dernière étape de l’évolution de la calvitie chez l’homme.