La calvitie précoce est une pathologie bénigne qui touche une partie des personnes jeunes, hommes et femmes. La plupart des cas relèvent du patrimoine génétique du patient tandis que d’autres facteurs, notamment liés à l’alimentation, peuvent être à l’origine du phénomène.

Les échelles définies par les docteurs Hamilton, Norwood et Ludwig permettent d’identifier les premiers symptômes de cette forme de calvitie et de suivre son évolution.

Des traitements médicamenteux, chirurgicaux ou par injection sont envisageables pour limiter les répercussions psychologiques et physiques sur les sujets atteints. Découvrez dans cet article les causes, les premiers signes et les traitements à adopter face à une calvitie précoce.

Les traits caractéristiques d’une calvitie précoce

La calvitie qui se déclenche bien trop tôt peut être reconnue à travers quelques signes annonciateurs. La connaissance de sa définition, de ses symptômes et de ses causes probables est essentielle pour la prévenir ou y remédier.

La définition

La calvitie précoce désigne une perte massive et progressive des cheveux dès le début de l’adolescence.

Encore appelée alopécie androgénétique en médecine, la calvitie touche habituellement les hommes ou les femmes à la vingtaine ou la trentaine. Mais certaines personnes présentent les premiers signes du phénomène dès l’âge de 14 ou 15 ans.

Pour d’autres, la calvitie se manifeste entre 18 ans et 25 ans. La chute capillaire dans ces cas excède largement le quota journalier normal. En effet, après une durée de vie de 2 voire 7 ans, une tige de cheveu est remplacée par une autre.

Ce cycle de vie entraîne normalement une chute de 40 à 100 cheveux par jour. Cette perte de cheveux est pathologique lorsqu’elle est excessive sans que les bulbes et racines pileux en produisent d’autres.

Bien que bénigne, la calvitie précoce affecte parfois psychologiquement les sujets atteints. Certains y voient une impasse aboutissant à une calvitie complète qui diminuerait leur charme ou attrait sexuel.

Chez la femme en particulier, la calvitie prématurée est vécue comme un cauchemar puisqu’une chevelure garnie est bien souvent considérée un atout de séduction. La calvitie androgénétique touche environ :

  • 5 % des femmes à partir de 16 ans ;
  • 20 % des hommes dont l’âge se situe autour de 20 ans ;
  • 25 % des hommes entre 25 et 36 ans.

Les premiers signes d’une calvitie

Les recherches du docteur James B. Hamilton dans les années 50 ont permis de déterminer les premiers signes d’une calvitie chez les hommes. Ses travaux ont été réactualisés en 1975 par le dermatologue et chirurgien O’tar Norwood.

Ainsi, l’échelle de Norwood-Hamilton employée aujourd’hui par les spécialistes permet de suivre les 7 stades de l’évolution d’une alopécie androgénétique masculine. Les premiers stades correspondent généralement au début d’une calvitie précoce.

Ils se traduisent par une perte légère et continue de la densité des cheveux dans la zone des golfes temporaux et frontaux. Par la suite, ce dégarnissement des golfes s’accentue et s’accompagne d’un recul de la ligne frontale. Le stade suivant et alarmant est la diminution du capital capillaire au niveau de la zone du vertex.

En ce qui concerne les femmes, l’échelle de Ludwig permet de définir les phases de l’évolution d’une alopécie androgénétique.

Les premiers signes du phénomène chez la femme se manifestent par un léger éclaircissement du cuir chevelu dans la zone du vertex. La perte de la densité capillaire est principalement observée autour de la raie médiane et épargne la ligne frontale.

Quelques causes d’une calvitie prématurée

L’alopécie androgénétique est généralement due à l’action de la dihydrotestostérone (DHT). Elle provient des androgènes, notamment de la testostérone qui est transformée sous l’action de l’enzyme 5-alpharéductase.

La DHT favorise l’accélération du cycle de vie des cheveux et modifie la sécrétion des glandes sébacées. Cette réaction a pour conséquence un affaiblissement des bulbes pileux et la perte d’une grande partie du capital capillaire.

Chez l’homme et la femme, la calvitie précoce est héréditaire dans la plupart des cas. Elle se traduit par une sensibilité du cuir chevelu, des follicules pilo-sébacés et de la fibre capillaire, à l’action de la DHT. Le sujet peut donc remarquer les signes d’une calvitie dès 15 à 20 ans.

Les autres facteurs à l’origine d’une perte excessive de cheveux dès la puberté sont :

  • Le déséquilibre hormonal dû à la prise de pilules contraceptives chez la jeune fille ;
  • Le stress permanent ;
  • Les problèmes de thyroïde ;
  • L’angoisse prolongée ;
  • L’utilisation de shampoings et attaches agressifs ;
  • La fréquence de l’utilisation des teintures pour cheveux ;
  • La prise de certains médicaments dont les amphétamines et anticoagulants ;
  • La carence en fer, en vitamine B ou en magnésium.

Les effets de ces nutriments et d’une alimentation saine sur les cheveux sont détaillés ici.

Les traitements possibles pour une calvitie précoce

Lorsqu’elle est remarquée à temps, la calvitie prématurée peut être traitée et ses conséquences, limitées. Plusieurs traitements sont aujourd’hui accessibles pour endiguer le mal, même à un stade avancé.

Les traitements médicamenteux ou dermatologiques

Les traitements à base de médicaments ou lotions sont très souvent les premières solutions conseillées par les spécialistes pour contrer la calvitie précoce. Ils consistent à employer des anti-alopéciques dont l’action est de normaliser la chute de cheveux, voire d’en favoriser la repousse.

Certains rallongent la durée de vie des cheveux tandis que d’autres inhibent dans l’organisme les effets de l’enzyme 5-alpharéductase sur la testostérone. Ils empêchent ainsi la réaction de transformation des androgènes en DHT ou renforcent les follicules pileux contre ses effets.

La lotion Minoxidil encore appelée Regaine ou Aminexil est particulièrement employée pour les cas de calvitie prématurée.

Pour les hommes, sa version à 5% est à appliquer 2 fois par jour au niveau de la partie dégarnie du cuir chevelu. En ce qui concerne les femmes, la formulation à 2% est recommandée suivant la même posologie.

Les autres traitements anti-alopéciques envisageables lorsque les signes annonciateurs d’une calvitie précoce se présentent sont entre autres :

  • Le Finastéride ou Propecia ;
  • L’Acétate de cyprotérone ou Androcur ;
  • Les pilules contraceptives Jasmine ou Diane 35 ;
  • Le Spironolactone exclusivement réservé aux femmes de plus de 18 ans.

La greffe de cheveux

La greffe de cheveux ou greffe capillaire est un traitement chirurgical contre la calvitie prématurée. Puisque les traitements médicamenteux n’assurent pas des résultats définitifs, la greffe capillaire permet de couvrir correctement la zone dégarnie.

Une fois la procédure effectuée, les cheveux peuvent repousser normalement après 2 voire 4 mois. Pour sa mise en œuvre, le chirurgien extrait des follicules pileux des zones donneuses du cuir chevelu pour les implanter sur la zone dégarnie.

Les méthodes de greffes capillaires qui conviennent pour la calvitie prématurée sont :

  • La greffe FUE avec ou sans rasage ;
  • La greffe FUT.

Les traitements par injection

Les traitements par injection sont employés soit seuls soit en complément aux autres traitements. Ils permettent entre autres de revitaliser les racines des cheveux.

Par exemple, le traitement par injection de Plasma Riche en Plaquettes (PRP) est adapté pour une calvitie précoce. Il est naturel, biocompatible et permet de stimuler la microcirculation capillaire. C’est également la solution pour régénérer des cellules de follicules pileux.

L’autre traitement de même nature conseillé pour une calvitie qui se manifeste trop tôt est la mésothérapie capillaire. Peu invasif, il consiste en la micro-injection sous le cuir chevelu, d’un cocktail composé :

  • De minéraux ;
  • D’acide hyaluronique ;
  • D’acides aminés ;
  • D’acides nucléiques ;
  • De vitamines et de co-enzymes.

Hormis ces deux traitements par injection, le jeune homme ou la jeune femme atteint d’une calvitie précoce peut faire recours au microneedling qui stimule la circulation sanguine et les cellules capillaires.